segunda-feira, 19 de maio de 2008

Prefácio a um novo blogue: "ANTIGONA BLUES"

De Antigona A. ( A. de antiga, clássica, filha de Atenas....) a ...Antigona B. ( B. de "blues" .... ) vão imensas distâncias : a distância do tempo, a distância do lugar, a distância do "discurso", a distância do "espírito":

Antigona A. é a Antigona que afronta os deuses e as leis injustas dos homens _ um clássico imortal que, da antiga Grécia, ficou para sempre, no passado, no presente e no futuro _ esta é a Antigona que, "avant la lettre", antecipou o Camus do "Mito de Sísifo";

Antigona B. , é uma versão "moderna" (?) , "post-moderna" (?) , "contemporânea" (? de quem?, de quê? que "blues"?

Da Grécia ao jazz, de tudo um pouco passará por este blogue, que será também um "blogue secreto", com várias "marcas d'água" ... Mas, sempre do lado de Antigona...umas vezes "Antigona A.", outras vezes "Antigona B."...

Humilde prefaciador deste blogue, evoco François Villon e, com as suas palavras emprestadas , envio a minha fraternal saudação aos "meus irmãos humanos " que, um dia ou outro, passem os olhos pelas palavras e pelas imagens deste "ANTIGONA BLUES" :

Frères humains, qui après nous vivez,N'ayez les coeurs contre nous endurcis,Car, si pitié de nous pauvres avez,Dieu en aura plus tôt de vous mercis.Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :Quant à la chair, que trop avons nourrie,Elle est piéça dévorée et pourrie,Et nous, les os, devenons cendre et poudre. De notre mal personne ne s'en rie ;Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !Se frères vous clamons, pas n'en devezAvoir dédain, quoique fûmes occisPar justice. Toutefois, vous savezQue tous hommes n'ont pas bon sens rassis.Excusez-nous, puisque sommes transis,Envers le fils de la Vierge Marie,Que sa grâce ne soit pour nous tarie,Nous préservant de l'infernale foudre.Nous sommes morts, âme ne nous harie,Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !La pluie nous a débués et lavés,Et le soleil desséchés et noircis.Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,Et arraché la barbe et les sourcils.Jamais nul temps nous ne sommes assisPuis çà, puis là, comme le vent varie,A son plaisir sans cesser nous charrie,Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre. Ne soyez donc de notre confrérie ;Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :A lui n'ayons que faire ne que soudre.Hommes, ici n'a point de moquerie ;Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

François VILLON (1431-1489?)

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